Plusieurs mois après la fermeture des discothèques, bars, restaurants et clubs libertins, l’annonce de l’arrêt du confinement a redonné du sourire aux propriétaires de ces établissements dont les soldes viraient déjà au rouge. Cependant, pour certains établissements, cette joie sera de courte durée. Si pour les restaurants, la loi a été plus souple, les clubs libertins n’ont pu bénéficier de cette clémence.
Les établissements de type X, sous le viseur des autorités
Les clubs libertins et autres lieux coquins sont des lieux de détente, de rencontre et d’échange de fluides entre partenaires consentants. Le contact est ce qui fait fonctionner ces clubs. Ils sont classés dans la catégorie des établissements de type X par le code du tourisme à l’opposé des établissements de type P qui regroupe les salles de danse et salle de jeux. Depuis le début du mois de juin où la fin du confinement a été décrétée, les clubs libertins et les discothèques qui font généralement quartier plein tous les soirs n’ont définitivement pas pu rompre le signe indien. Les autorités mettent en avant l’impossibilité pour ces clubs de garantir une sécurité maximale, le respect des gestes barrières dans un contexte de Covid-19, toujours présent. Pendant que les responsables de clubs libertins crient à une injustice qui peut amener un grand nombre à déposer le bilan, le gouvernement dit vouloir prioriser l’intérêt général, l’humain à l’économie. Selon les autorités, ce serait vraiment dommage de voir une recrudescence de la pandémie à cause l’ouverture des clubs libertins. Les autorités n’ont visiblement pas confiance au port des masques et à l’utilisation des gels hydroalcooliques dans ces clubs où les câlins, les bises, les attouchements sont la raison d’être.
Des autorisations d’ouverture à controverse
La distinction bien précisée au niveau de l’article D.314-1 du code du tourisme évoqué plus haut lève tout équivoque et fait que la décision des autorités nationales surprend plus d’un. En effet, les clubs libertins et échangistes qui disposent d’une piste de danse ou d’une discothèque sont interdits de réouverture des portes aux clients. Dans le même temps, ceux qui proposent aux habitués et autres clients un service de hammam et/ou de sauna sont grandement ouverts, même s’il y a une limitation par rapport au nombre de clients reçus. Les bars et restaurants qui ont ouvert plus tôt sont déjà sujets à des critiques. De nombreux responsables des maisons closes, des clubs libertins et échangistes ainsi que des discothèques se sentent traités, comme ils disent, tels des « pestiférés » qui offrent cependant un service très demandé par les populations. C’est donc une décision qui passe mal auprès des propriétaires des établissements et des populations. Les conséquences se font déjà sentir. Les gens veulent sortir et se divertir et on constate de part et d’autre des soirées clandestines, des gens qui se soûlent la gueule au bord des plages. Toutes choses qui auraient pu être évitées si, pour une fois, on faisait confiance à ces clubs libertins à controverse.
Les responsables de clubs libertins protestent
L’indignation et la colère sont totales au niveau des tenanciers de clubs libertins. Depuis le 22 juin, ils se demandent pourquoi certains clubs ont le droit d’ouvrir leurs portes aux clients et par eux. Les raisons avancées ne tiennent pas, selon eux, la route. Par ailleurs, ces propriétaires disent avoir constaté que les gestes barrières ne sont pas du tout respectés dans les bars autorisés. Une autre situation qui ajoute à la colère des propriétaires des clubs, c’est cette désinvolture que l’on constate au cours de manifestations majeures dans toutes les contrées du pays sans aucun respect des mesures de sécurité sanitaire. Ils ont entre autres fustigé le comportement des amoureux de la musique pendant la célébration de la fête de la musique. Selon eux, les autorités qui devraient s’assurer du respect strict des mesures sanitaires sont coupables de laxisme lorsqu’ils sont devant leurs électeurs. Pour toutes ces raisons, les propriétaires de clubs libertins qui voient leurs commerces menacés organisent çà et là des marches de protestation pour que les mesures de sécurité sanitaire soient assouplies. Il est en effet inconcevable qu’on leur refuse de rouvrir leurs clubs sans compter leur capacité d’employabilité qui va au-delà des plus de 40 000 salariés. C’est donc toute une industrie qui a énormément perdu pendant le confinement de 7 mois. Aujourd’hui, les propriétaires de clubs libertins font tout ce qu’ils peuvent pour protester avec des pétitions que les populations sont invitées à signer. D’autre part, des marches comme celle d’Albi organisées fin juin par les syndicats des travailleurs du secteur du monde de la nuit vont sûrement se multiplier au fil des jours pour signifier leur ras-le-bol. Mais, déjà en ce début de mois de juillet, les premiers clubs se préparent à ouvrir leurs portes, en espérant que les clients respecteront les consignes et gestes barrières.